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Quand on se perd en chemin comment venir à bout de ces efforts inhumains qui nous mènent à nous.

par Mélanaï 29 Mars 2010, 09:23 Gribouillages


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<< Parodie de paradis.
Fermons les guillemets sur cette minuscule tragédie, sur ce dramelet.
>>

 

 

J’arrête.

Qu’est-ce que ça me fait si j’arrête ? J’ai l’impression que tout s’arrête. Je regarde tout le reste et me dis que ça n’a pas non plus tellement d’importance. A part respirer et être, le reste n’est que futilité. Qu’est-ce que ça te fait si j’arrête. Visiblement pas grand chose. Comme presser un interrupteur. Mais qu’est-ce que c’est que d’arrêter ‘pour le moment’ ? Puisqu’il n’y a qu’un ici et maintenant.

 

J’arrête. Mais je prends ça comme le fait qu’on ne peut jamais se lier avec quelqu’un. Je ne vois pas les choses comme ça. Tu dis que l’amitié à distance, comme toute relation, c’est mauvais tu n’en veux pas. Mais dès que ça pourrait entrer dans le concret, tu recules d’un pas. Arrête de mettre des barrières entre toi et les autres, soit disant pour les protéger de toi. TU veux te protéger de TOI. Arrête de dire je ne peux pas. Arrête de te cacher derrière ce schéma tout fait. Que ceux qui m'aiment me fuient.

 

Qu’est-ce que ça me fait d’arrêter. J’ai mal au cœur. Y’a une main qui l’empoigne et qui l’empêche de respirer. Perséphone éclate la face d’Hadès. Je me suis toujours identifiée à Perséphone, il fallait bien que je tombe sur un Hadès. Je nous libère, elle et moi.

Qu’est-ce que ça me fait d’arrêter. J’ai envie de te plaquer contre un mur et de te coller des baffes. Faire comme si tu n’avais jamais existé. En fait, c’est presque le cas. Que reste-t-il de tout ça ? Est-ce que ça a jamais existé ? Finalement, le coup de l’interrupteur, c’est pas si mal.

 

J’ai parfois envie de le faire pour un tas de choses, comme en ce moment, en me disant « De toute façon, à quoi ça sert ? » Le blog bd, écrire, face de bouc, le volley, la fac… A quoi ça sert ? Si j’arrête, qui le remarquera ? Ca ne changera pas le cours des choses. Pourtant je continue, parce qu’en m’arrêtant, en posant un regard extérieur sur tout ça, et en me demandant « Si aujourd’hui je devais repartir à zéro, est-ce que je re-choisirais ceci, ou cela dans ma vie ? » ma réponse est oui.

 

J’arrête. Puisque ça ne sert à rien. Que je me perds et que les interférences foutent tout en l’air. Pourtant si je devais te re-choisir, je te re-choisirai. Anyway, tu n’es plus à côté de moi. Mais t'en rendais-tu seulement compte ? Pas si sûre. Si tu ne me re-choisis pas, arrêtons.

La fleur que je voyais en pensant à toi est fanée.

 

Il y a pas un mois je me disais, pour une fois, c’est quelque chose de beau, spontané, sain, naturel… Dès que je nomme quelque chose elle disparaît. Tu te contredis pourtant, dans ce que tu dis, dans ce que tu fais, d’une fois sur l’autre. En fonction de la lune ou du sens du vent ; je ne sais plus sur quel pied danser.

Mais puisqu’il faut arrêter, arrêtons. Il y a aussi une forme de fuite là-dessous, mais puisque tu le veux, fuyons. Mais alors pas dans la même direction. Chacun de son côté. Et si un carrefour nous ramène l’un vers l’autre, je ferai en sorte d’arriver en retard, promis. Comme ça, pas besoin de se croiser. Mes interférences seront hors de ta portée.

 

Et parce que je suis têtue, conne, en colère, blessée, blessante, impulsive, inconsciente, chancelante, que je prends mon rôle de victime très à cœur, que je sais aussi être le bourreau, que je ne supporte plus d’être le sauveur, que j’ai l’impression de toujours être celle qui ménage les autres, que je suis toujours la médiatrice qui veut faire pour le mieux de tous, que j’en ai marre de la communication non violente, que je ne connais pas la demi-mesure…

 

Ce n’est pas moi qui reviendrai. Parce que je ne sais pas arrêter d’arrêter.

 

Passage cité en septembre, ça, c'est fait.

<< Celui qui est présent et qui m'aime, ou celui-ci qui est proche et que j'aime, alors il est aussi susceptible de s'éloigner, de me perdre dans la forêt comme le Petit Poucet, de disparaître sans donner signe de vie et d'amour, et même de se perdre à jamais, peut-être, dans la nuit de mes oublis. >>

 

commentaires

mom 02/04/2010 20:57


merci pour ton com bonne soirée


Ingrid 02/04/2010 14:06


En plus de voir que nos histoires se ressemblent, je découvre que tu écris super bien ! Le dernier paragraphe me correspond complètement ! Mais même si je suis la victime et qu'il a merdé, je suis
revenue vers lui. Il ne m'a toujours pas répondu et je doute qu'il le fasse. Mais au moins, je saurai à quoi m'en tenir. J'aurai ouvert les yeux sur sa lâcheté. Et je pourrais tourner la page et me
trouver une personne digne d'avoir mon amitié...


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