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On se croit à l'abri pour toujours, oui mais toujours ça dure combien de temps ? (Intempéries au Cannet des Maures)

par Mélanaï 16 Juin 2010, 09:39 Une belle lisse poire au quotidien

Le Cannet-des-Maures, toi, tu connais ? "Non". Mais si tu connais, c'est là où il y a des incendies tous les ans. "Ah ouiii je vois !"...Maintenant on pourra dire "Tu sais, c'est là où y'a eu les pluies tropicales qui ont tout dévasté !"

 

http://www.infoclimat.fr/multimedia/photo/2010-06/28560150620101848.jpg

 


Pas plus tard que la semaine dernière, je disais à mon padre "Quand même, nous, il ne nous arrive jamais rien. L'an dernier la route de Cogolin s'est fait emporter par la boue, y'a eu des glissements de terrain, nous il a juste plu..." A croire qu'il a suffi que je dise ça pour que ça arrive dis donc !


Hier, des pluies diluviennes se sont abattues sur le village, et sur le reste du Var. Vers 12h, notre jardin était en train de se faire emporter par un réel torrent. La grille d'évacuation était bouchée par des feuilles, et si nous n'avions pas été là pour les retirer, à l'heure qu'il est, jardin il n'y aurait plus.

En grandes intelligentes que nous étions, ma madre et moi sommes allées à Saint-Raphaël pour un rendez-vous. Vers 16h, le padre nous appelle pour nous dire que la déviation de Vidauban s'est transformée en fleuve et qu'il faut qu'on rentre vite, parce que les eaux montent partout.. On prend l'autoroute (vitesse 80km/h), et à la hauteur du Muy, alors qu'on venait de manquer le carambolage avec le ralentissement causé par les voitures qui voulaient sortir ici, la voie de droite se retrouve sous les eaux. A droite de l'autoroute, les vignes, ou plutôt ce qu'il en reste puisque de l'eau ne dépassent que les feuilles les plus hautes des pieds. La terre et l'eau des vignes se déversaient sur l'autoroute. Tout le long, même scénario, puisqu'il n'y a que des vignes qui bordent l'autoroute. Tout le monde quitte la voie de droite, de peur de se retrouver dans d'autres débordements...


Sortie d'autoroute du Cannet des Maures, un flot de voitures ininterrompu. La route de Vidauban est barrée, mais le panneau est au sol et les gens s'y engouffrent (pour aller où ?). La route du Thoronet est fermée, depuis longtemps sous les eaux. Le rond-point, en contrebas des vignes, est arrosé par une cascade d'eau boueuse, qui submerge sa partie extérieure. Les voitures, sorties parce que l'autoroute est constelée d'accidents, se résolvent à retourner sur celle-ci ; la voie d'entrée, elle-même inondée, les voitures ont de l'eau jusqu'au capot.


Le padre nous appelle pour nous dire de ne pas rentrer, parce que c'est la fin du monde, il a entendu dire que le rond-point de l'autoroute était fermé. Mais nous sommes passées, la seule route ouverte était celle menant au village. On quitte la nationale, encombrée de voitures, et on traverse le village. Les caniveaux de l'avenue de Verdun brassent les eaux... résidence les Peupliers, c'est un nouveau torrent d'eau boueuse qui nous accueille. On a de l'eau au milieu des roues, et c'est là que t'es content d'avoir une Xsara Picasso et pas une Mini ! (^^') Les eaux se déversent des escaliers. Parce que c'est pas le plat pays ici, y'a des terrasses et des escaliers à tout va. Je sais pas ce qu'il en reste ce matin.


Arrivées à la maison, sauvées ! Mais le courant nous lâche vers 18h50 et ne revient pas. Le padre est coincé au travail, qui n'est qu'à 2km de la maison. L'eau traversait les entrepôts de LECASUD. Seulement, toutes les routes (petites routes) sont submergées. Il rentre à 22h, en même temps que le courant. Il a fait un détour monstrueux de 40 minutes en passant par Gonfaron-Flassans-Le Luc-Le Cannet pour éviter les routes coupées. Les pompiers ont hésité à les laisser partir, si l'orage reprenait, les eaux pouvaient monter en 2 minutes et les emporter... sur la route, il y avait des dizaines de voitures abandonnées.


A cette heure, la rouge du Puget est toujours fermée. Saint-Raphaël n'a pas d'électricité. Triste constat à Draguignan principalement, la cuvette, comme on aime à l'appeler, s'est remplie à ras bord. Et comme disait un monsieur de Draguignan qui a tout perdu "C'est jamais arrivé, alors on se dit, de toute façon on va s'en sortir, c'est pas possible autrement, l'histoire va bien se finir." Et puis après ? Il suffit d'une fois, de quelques minutes pour tout perdre.


Encore une fois, nous, nous avons eu de la chance. L'an dernier c'était cet énorme incendie au quartier Pardiguière. Il y a eu le violent mistral qui avait déraciné les arbres. Les incendies de 2003 qui cernaient la plaine du Cannet. La grêle, les orages, la neige, la mer qui emporte les plages... Une chance in extremis parfois, mais toujours au rendez-vous.


Toujours ? Oui, mais toujours, ça dure combien de temps ?

 

Pix : Y'a pas, parce que dans ces moments t'as plutôt une pensée primitive, celle de sauver ta peau

Vidéo : Var Matin. com, une vidéo sur le Luc et Draguignan


commentaires

Lucie Béluga 22/06/2010 15:37


heureusement que ça s'est bien terminé, j'espère que vous n'avez pas eu trop de dégat!


Mélanaï 22/06/2010 16:19



Jardin inondé... on va pas se plaindre, avec les garages des voisins inondés. Et certaines maisons de mon village sont dévastées, ça fait trop bizarre d'imaginer ça, à 1km de chez nous !



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