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Ma vie est une partie de poker

par Mélanaï 20 Juillet 2010, 08:22 Une belle lisse poire au quotidien

 

Il arrive dans la vie que l'on ait à faire des choix. Parfois parce que c'est indéniable, la robe rouge ou la robe violette, on ne peut pas choisir les deux. Ces choix là sont rarement dangereux, et même si, à plus grande échelle, choisir dans quel appartement vivre peut avoir des conséquences lourdes, le choix se fait après plusieurs visites et une comparaison raisonnée.


Moi, je veux vous parler des choix que les gens qualifient souvent de suicidaires, de trop risqués. On me traite souvent de déraisonnable quand je parle de ces choix. Et pourtant, jusqu'à présent, j'ai marché du côté chance en faisant le bon.


En Terminale, pour le Bac d'histoire-géo, on pouvait tomber soit sur une Majeure Histoire avec une carte à remplir en mineure, soit sur une Majeure Géographie avec des documents d'histoire en mineure. J'ai toujours été une salade en cartographie, et même en géographie en général. Par manque de temps, par manque de motivation j'ai décidé de ne réviser que le programme d'Histoire et les Etats-Unis en géographie, en apprenant vaguement une carte pour la ressortir dans la dissertation. Nous aurions pu tomber sur Majeure Histoire, et là, j'aurais été dans de beaux draps.... Mais c'était Majeure Géographie, avec un sujet sur les Etats-Unis. J'ai eu un joli p'tit 15.


En première année de licence, au second semestre, nous avions un cours d'Antiquité scindé en deux : le vase grec et la ville romaine. Comme vous le savez, je n'aime pas les Grecs, et les décorations des vases encore moins. Le cours aurait été en serbo-croate c'était pareil. Au partiel, la classe était coupé en deux par tirage au sort, une moitié aurait un sujet grec et l'autre un sujet romain. Je n'ai révisé que la partie romaine, en approfondissant le cours. J'aurais pu être dans la moitié de liste qui tombait sur le vase grec, n'avoir rien à dire parce que je n'avais rien appris, avoir 2 et pleurer. Mais j'ai eu la ville romaine, j'ai écrit deux copies doubles en deux heures et j'ai eu 14.


Le plus souvent, mais surtout en troisième année, j'ai révisé mes partiels en suivant une problématique précise que je m'étais fixée. Problématique qui, souvent, était mot pout mot celle qui tombait en partiel. Mais quand je la "prédisais" personne ne me croyait... tant pis pour eux !


Récemment, il fallait faire des dossiers de candidature de master. Les gens me disaient que j'étais fada de n'en faire qu'un, "et si t'es pas prise tu feras quoi ?". Je répondais que ça n'avait pas d'importance puisque je serai prise en Valorisation et Médiation des Patrimoines. Mais le monde est rempli de sceptiques, de gens qui multiplient les choix pour assurer leurs arrières, pour finalement se retrouver à une place qu'ils n'avaient pas voulu. Tous ces gens m'ont mis le doute, entre ceux qui me disaient "De toute façon c'est pas un métier où tu gagnes ta vie, faut faire plombier... et artiste avec ça ! Mais redescends sur Terre !" et ceux qui me matraquaient le crâne à coup de "Mais mon dieu !!! Mais si t'es pas prise tu fais quoi !!! Il faut que tu aies un second choix !!!"... alors voilà, ces gens ont ébranlé mes certitudes. Je me suis retrouvée dans le brouillard pendant plusieurs mois, j'ai même voulu arrêter le dessin, parce que j'ai cru ces pov' gens qui ont une vie de merde. Et puis surtout je me suis dit "Mais pourquoi ils me prendraient MOI au master ?"

Et puis j'ai été convoquée à l'entretien, ça m'a redonné confiance. Le stress n'était qu'à la surface, au fond je savais que je serais prise, y'avait pas de raison. Mais dans le couloir, tout le monde s'était croisé au moins une fois à un entretien dans une autre école. On m'a de nouveau dit que j'étais folle. De nouveau j'ai douté.

Et puis j'ai été admise. 20 places pour 138 candidats. Et pourtant, parmi ceux qui m'ont parlé, qui avaient un beau discours, quatre entretiens à leur actif, il y en a forcément qui n'ont pas été pris.

 

Je pense que si je veux continuer à suivre mes choix sans douter, il faut que je fasse comme au poker. Face aux gens, il faut que je bluffe, que je ne dévoile pas mon jeu tout de suite. Les gens projettent les inquiétudes qu'ils auraient s'ils étaient à ma place, ou bien ils sont jaloux, je ne sais pas. J'ai bien souvent une seule carte en main, mais c'est toujours la plus forte, alors quel intérêt d'avoir des petites cartes en plus qui viennent encombrer le jeu ?

 

Quand on sait ce qu'on veut vraiment, on l'obtient toujours.

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