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La théorie du touriste

par Mélanaï 29 Août 2010, 10:09 Gribouillages

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Avec la madre, on s'est dit qu'on allait faire un mémoire d'ethologie sur la transformation qui s'opère chez les gens quand ils partent en vacances et qu'ils se transforment en TOURISTES.


Soyons clairs. Quand je parle de touristes, je ne parle pas de tous les gens qui partent en vacances. Non. Quand je parle de touristes, je parle des bons gros touristes. Ceux qui font leurs courses en famille, à quatre de front du chariot, remontant les allées de la grande surface à contre-sens, parce que les rayons ne sont pas rangés comme chez eux. "Ah tu prends ça toi ? Moi je préfère ça... et puis c'est moi qui paie ça... Non non, si si... Kylan repose ça, fais attention tu marches sur les pieds de la dame".... Avec leurs bermudas sous les aisselles, les chaussettes dans les sandales, les chemises à fleurs, les chapeaux trop grands et les coups de soleil, le touriste est repérable de loin. Pourtant, quand on va dans d'autres régions, les régions d'où viennent ces touristes, les locaux ne sont pas habillés de cette façon. Ce n'est donc pas une mode vestimentaire régionale, mais bien une mode qui va de paire avec la métamorphose en touristes pendant les congés.

 

Peut-être n'ont-ils pas l'habitude d'avoir des habits d'été, et qu'ils ne savent pas les coordonner ? Non, parce que quelle que soit la région, le touriste sera habillé pareil. C'est peut-être un langage codé, pour que les touristes se reconnaissent entre eux, face à cette horde d'autochtones barbares.

 

Le touriste est con de nature. Ne nous voilons pas la face, ils ont tous eu un problème relationnel ou frustratoire dans leur petite enfance. Toujours est-il que le touriste considère que tout lui est dû. Bah oui, s'il vient en vacances chez toi, c'est grâce à lui que tu peux vivre et avoir de l'eau courante. Du coup, il se croit tout permis. Il ignore le code de la route, te double sur les zébras, toi pauvre paysan qui roule à 50 ! Il se gare n'importe où, déboîte au dernier moment, veut passer à tout prix même quand la route est barrée. Il graille jusqu'à 4h du matin en braillant sur sa terrasse de vacances, en te disant "Oh du calme, cool, c'est les vacances !" ou encore "T'avais qu'à rester au camping si t'es pas content" quand tu lui fais remarquer qu'il pose ses affaires sur les tiennes, et que quand même, faut pas déconner. Parce que pour le touriste, qui n'a apparemment pas vécu la phase de détachement du soi avec le reste du monde, s'il est en vacances, personne ne travaille. Il croit probablement séjourner dans un Wonderworld qui ouvre le 1er juin pour fermer le 31 août.

 

Le touriste a peur du silence et de la solitude. Je plante le décor. 10h du matin, la plage, vide à perte de vue. Quelques autochtones et personnes en vacances (non atteintes de la dégénérescence comportementale du touriste) installées loin les unes des autres. Une famille de touristes arrive. Quatre bouées, un bateau de mer, la tente Quechua. Ils se collent à toi, marchent sur ta natte, braillent à faire fuir les mouettes et les poissons. Au bout de vingt minutes, tu te retrouves encerclé par trois clans de beaufs, et tu finis par croire que tu es avec eux, tant la promiscuité est à son comble. Et si tu regardes autour de toi, tu vois qu'il y avait plein de place ailleurs... mais le touriste est sans-gène, et il ne connaît pas les règles de la plage.Il veut être au bord de l'eau coûte que coûte, ou bien son GPS lui indiquait cet emplacement précis pour poser ses grasses fesses et ses serviettes mouillées par la rosée au camping. Et s'il pouvait se garer sur la plage, pour ne pas avoir à marcher, le touriste serait bien plus heureux. Et le touriste est plus malin que tout le monde. Les jours de grand mistral, il s'obstine à mettre son parasol dans le sable, même si c'est interdit et que le pompier du poste de secours lui prie de le ranger. Il ose même crier au scandale ; pourtant s'il se prenait un pied de parasol dans le troisième oeil, il serait de même le premier à râler. Après ça, le touriste passe son temps à hurler sur ses gamins de jouer à l'ombre du parasol, qui fait 50 cm², de ne pas aller trop loin dans l'eau, de se taire, de faire attention au vent avec les jeux gonflables, de mettre une torgnole à ses gamins parce que le vent a emporté les jeux gonflables.

 

Et puis finalement, le touriste passe son temps à se plaindre. Il faut trop chaud. C'est pas comme à la maison. Il y a du monde. C'est cher. Tu vas te calmer sinon je vais t'en coller une. En fait, c'est à se demander pourquoi il part de chez lui. "Et puis dans le Sud vous avez trop associé le concept du bonheur avec le beau temps, nous on a dissocié ces deux notions, comme on sait qu'il peut pleuvoir à tout moment, et on a trouvé d'autres sources de bonheur. " ou encore "Finalement, il fait aussi beau que chez nous"... c'est à se demander pourquoi ils viennent tous se parquer sur nos côtes, s'ils ont le même temps à leur maison ?!

 

Quand il est dans son milieu naturel, parions que le touriste est une personne respectable, ou du moins, un peu plus fréquentable qu'en vacances. Alors que se passe-t-il dans la tête du touriste pour qu'il débloque à ce point ? Y'a-t-il un gène du touriste qui sort de sa dormance pendant les vacances ?

 

Même s'il y avait une explication scientifique à leur comportement, je ne les porterais pas plus dans mon coeur. Ces invasions barbares annuelles vont me pousser au crime.

 

La prochaine fois qu'il y en a un qui marche sur ma serviette, j'étouffe son gosse dans le sable.

 

Pix : Moi et ma nièce, un jour de grand mistral, seules sur la plage... enfin même avec 20 personnes sur la plage, y'a une famille de beaufs qui a réussi à s'installer à 1 mètre de nous...

commentaires

kOra 28/06/2011 20:27


Très drôle et très réaliste :)


benoit 30/08/2010 09:55


J'ai plus perçu le comportement du beauf dans ta description du touriste. Les touristes qui viennent chez moi (tout là-bas) sont parfois aussi beaufs, et d'autres plus "touristes" hyper mielleux :
"c'est beau", "c'est bon", "prends une photo", "toi ? prendre photo de nous ?!", "t'as vu l'animal", "y'a un poisson !", "un truc m'a piqué.. aaahhh ! ah non."


Mélanaï 30/08/2010 13:26



Dans le Var et sur la côte, c'est les touristes beaufs en masse (et encore, on a la crème des beaufs, ceux qui ont les sous pour venir) ! Mais je reconnais que le touriste qui passe son temps à
être mielleux c'est casse-pieds aussi à la fin.... ahhhh !



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