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Write or wrong ?

par Mélanaï 2 Mai 2009, 12:06 Bloc-Note



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J'essaie de revenir à l'écriture petit à petit. L'écriture de post qui ne soient pas du "aujourd'hui blablabla..." parce qu'on est pas là pour ça. Des posts comme avant avec plein d'ironie et de conneries ^^ En ce moment j'écris une nouvelle pour mon option d'atelier écriture, c'est la seule matière où je suis seule maître de mon destin, avec mon rapport de stage. La seule où c'est moi qui produis la connaissance. Avec toutes ces grèves... y'a pas d'avenir...

J'me rends compte que j'adore écrire des trucs mystérieux et mélancolique. P'tet qu'un psy me dirait que je transpose sur mes personnages. Il me demanderait d'aller chercher du côté de mon adolescence ce que j'ai pu refouler. Et j'lui répondrai qu'il vaut mieux écrire que de se murger, et que d'abord la mélancolie c'est joli, surtout quand c'est bien raconté. Mes personnages ont toujours un côté attachant, parce qu'ils sont imparfaits à leur façon.
Quand je faisais encore du RPG (jeu de rôle, où l'on incarne un personnage en le faisant participer à des scénar' qui se jouent par l'écriture à tour de rôle des joueurs qui animent leur perso, c'était devenu presque de la vraie littérature sur la fin =) )on nous avait conseillé de prendre une face de nous qui est mise de côté dans la vraie vie. Jouer une petite arrogante. Une mauvaise fille. Une obsessionnelle. Jouer un homme. Une vieille dame.

Je crois bien que le meilleur fut quand je jouais McGonagall, Mme Guipure et Elea Marpple, mon élève dans le RPG Poudlard. C'était trois personnages complètement différents. Deux avaient des traits de caractère à respecter par rapport aux livres, mais raconter un passé pour expliquer pourquoi ils en sont arrivés là était super. C'était l'extase de l'écriture chaque jour. On s'attache à ses personnages, quoi qu'on puisse dire.
Elea était ma préférée, sans doute la plus élaborée de toutes, même si j'ai beaucoup d'affection pour Samantha Monroe et Julia Anna Spire. Toutes les trois différentes, avec leurs obsessions, leurs tics, leurs tocs... Je pense même qu'en les fusionnant on obtiendrait Moi. Elles sont des éclats de moi, des facettes inexploitées ou prépondérantes. Elles sont géniales. Manque de bol je ne pourrai pas vous les présenter, leurs descriptions ont explosé avec mon ordi....

Je peux cependant vous présenter ma nouvelle héroïne obsessionnelle (parce qu'au fond, on est tous des monomaniaques obsessionnels !), née en atelier écriture. Elisabeth Baudoin. On devait écrire la première rencontre du lecteur avec le personnage. Ptet qu'un jour une suite viendra. En tout cas je l'aime bien (même que j'ai eu une bonne note grâce à elle ! =DDD) Voguons...


[[ J'ai un nouvel article sous le coude, à Rome je prendrai en photo tout ce qui bouge pour renouveler mon stock. Hier j'me suis entraînée avec les Prénat' et je ne suis plus qu'une vieille loque qui a mal à ses muscles. Et qui a des pizza à la place des genoux xD Y'a pas à dire, ça a rien à voir. C'est tellement mieux. Tellement mieux de savoir pourquoi on a mal ! ]]

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A la dernière bouchée, elle reposa sa fourchette dans son assiette et ferma les yeux. Comme tous les jeudi, le civet de lapin à la tapenade laissait planer la fin du repas ; un moment de répit hors du temps, entre le plat et l’addition. Elle se passa la langue sur les lèvres. Du fond de la salle de la brasserie, où elle mangeait chaque midi, elle observait le reste du monde qui s’agitait, qui s’affolait. Les enfants des gérants qui couraient entre les tables, en attendant l’heure de retourner en classe. Faites donc attention aux verres et allez plutôt jouer dehors, il fait si beau. Mais surtout soyez prudents en traversant la route. Les culottes courtes disparues au coin de la rue, elle se leva. Elle déposa un billet sur le comptoir et répondit d’un signe de la main, au « A demain Elisabeth » que lui lança la patronne alors qu’elle sortait.

 

En claudiquant, elle entreprit de traverser la place qui la séparait de chez elle. Depuis son accident, il y avait des années de cela, Elisabeth avait dû déménager au cœur de Barjols. Plus pratique pour les commerces, comme disait sa mère. Elle se passa la langue sur les lèvres. Elle enfonça sa main au fond de sa poche pour en ressortir ses clés. La serrure n’était plus toute jeune et manquait à chaque fois de céder sous l’effort. Sa mère ne cessait de lui répéter que n’importe qui pouvait la faire sauter et que par les temps qui courent. Après un soubresaut, la porte s’ouvrit. La citadelle ne rendrait pas les armes aujourd’hui.

 

Elle posa ses clés sur la table de la cuisine et jeta un œil au frigo. Il était couvert de post-it multicolores qui disaient « appeler Jacqueline » ou encore « aller à la banque » Chaque couleur possédait un code qui lui permettait de s’y retrouver. Un peu comme un agenda électronique, au détail près que celui-ci décorait son frigo. Elisabeth n’avait pas confiance dans les nouvelles technologies, elle leur accordait peut-être encore moins de confiance qu’à sa mémoire. Elle se passa la langue sur les lèvres.

 

Elle traversa la cuisine et se dirigea vers sa chambre. Seule une vieille lucarne poussièreuse donnait sur l’extérieur et une pénombre intemporelle régnait sur la pièce. La main d’Elisabeth se posa machinalement sur l’interrupteur, tandis qu’elle défaisait à l’aide de l’autre les boutons de son gilet. Elle s’assit sur son lit, lasse. Elle posa les yeux sur la chaise qui se trouvait contre le mur. Dessus trônait une chemise d’homme, encore dans son emballage d’origine. Elle soupira et se passa la langue sur les lèvres.

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